MERCREDI 13 MAI 2020

«Les bureaux vont se transformer en lieux d’expériences collaborateurs.»

Cosy : Le confinement va t-il accélérer la transformation des espaces de travail ?

Philippe Morel : Oui, la tendance des sièges sociaux à utiliser moins de m2 mais à mieux les utiliser va s’accélérer. Pour deux raisons : l’adoption massive du télétravail et, plus que jamais, la nécessité pour les entreprises de faire des économies.

C : A quoi ressembleront ces nouveaux sièges ?

PM : Les bureaux vont se transformer en lieux d’expériences collaborateurs où le présentiel reprendra ses lettres de noblesses. On se retrouvera avec plus de convivialité dans de meilleures conditions dans des sièges pensés comme des “maisons communes” et non comme des lieux de labeur. Aller au bureau était une obligation, ça deviendra un choix qui sera dicté à la fois par un vrai motif professionnel et non faire de la présence, et un agrément personnel à retrouver ses collègues.

C : Quelle sera la place de la conversation dans ces nouveaux environnements ?

PM : Comme  les organisations se sont déjà beaucoup horizontalisées, les salariés ont plus d’autonomie dans le choix de leurs horaires et lieu de travail. Cette autonomie porte aussi sur la capacité à se rencontrer et privilégie une certaine sérendipité. La relation présentielle me semble indispensable car c’est seulement dans la proximité, l’échange physique que se construit la confiance. Le télétravail permet de faire plus vite, sans perturbations ni temps de trajet, mais la relation personnelle de faire mieux. Les nouveaux sièges auront donc comme fonction de recréer les conditions propices à des échanges de qualité.

C : Qu’elles sont les pistes d’évolution pour la communication ?

PM : En devenant le coeur de l’entreprise, le nouveau siège a pour fonction de décloisonner ses différents publics collaborateurs, partenaires, fonctions supports. Les notions de communication externe et interne vont s’estomper. Le communicant va créer et animer de nouveaux rituels destinés à relier toutes les communautés. On va inventer des dispositifs de communication plus inclusifs où l’engagement se fera par la conversation et non l’injonction. La crise peut faire basculer les gens soit dans la défiance, soit dans le rapprochement. Pour influer dans le bon sens, le besoin de communiquer n’a jamais été aussi important. C’est lui qui permet de faire corps.

C : Quel est votre chantier emblématique ?

PM : Nous travaillons sur l’archipel, le futur siège de Vinci à Nanterre conçu pour 4 000 salariés sur 750 000 m2 qui sera livré en juillet 2021. Il est pensé comme une maison commune où toutes les parties prenantes de cette entreprise très décentralisée pourront se retrouver. C’est la premier siège en Europe qui sera piloté par un opérateur tertiaire.