MARDI 28 AVRIL 2020

« Seuls, nous ne sommes pas grand-chose. »

« Seuls, nous ne sommes pas grand-chose. »

Emmanuelle Raveau, directrice de la communication et marketing chez EY et présidente de COM-ENT, nous livre ses conseils pour communiquer habilement en période de crise.

Quels sont les principaux marqueurs de votre communication de crise actuellement ?

Un des grands enseignements, même si on le dit déjà très souvent, c’est qu’il faut être organisé et rigoureux. Et plus que jamais, mener un travail exigeant de communication interne. La communication interne a été le catalyseur de nos actions ces 3 derniers mois. Il faut communiquer, être transparent, expliquer, rassurer…. La rupture brutale des interactions sociales qui de plus s’étale dans le temps nécessite plus que jamais de la proximité. Dans des moments comme celui-ci, la communication externe est très délicate face à un compteur malheureusement sinistre qui défile chaque jour sous nos yeux. Certains collaborateurs ont perdu des proches. Il faut donc se recentrer sur l’essentiel. Selon moi, la communication de crise est synonyme d’adaptation. Chez EY par exemple, nous avons annulé plus de 600 événements depuis le 1er mars jusqu’au 1er septembre, rien qu’en France. En une semaine, nous avons mis en place de nouveaux outils de collaboration, leurs contenus, une plateforme interne de partage et un booklet pour décrypter les mesures du gouvernement à l’attention des PME, ETI et startups. Résultat : plus de 1000 connexions par jour. Il y avait une vraie demande d’informations, de repères et d’outils pour faire face à cette instabilité soudaine. Dans le même temps, nous essayons d’avoir une vision à plus long terme. Que s’est-il passé ? Quels nouveaux schémas se dessinent déjà ? Et comment s’adresser désormais à l’extérieur ? 

Auriez-vous un conseil à donner en cette période ?

Nous avons un rapport à l’autre différent aujourd’hui. Un besoin accru de rapprochement et d’interaction. Mon conseil : tout ça nous aura montré combien seuls, nous ne sommes pas grand-chose. La réflexion et l’action collective sont absolument primordiales. Quel que soit le niveau. Être ensemble nous donne du courage. Nous avons fait émerger une forte solidarité. Nous nous sommes épaulés dans des moments difficiles. Au sein de mon équipe nous avons formé de petits groupes pour prendre soin les uns des autres. Et personnellement j’écris à mes collaborateurs toutes les semaines, pour avoir un discours de proximité sans parler de boulot. J’évoque par exemple le vivre ensemble ou comment surmonter les douleurs. Les jeunes en particulier apprécient beaucoup cela. Ils ont besoin de sentir la proximité et tout le soutien de leur management. 

En tant que présidente actuelle de COM-ENT, la première association des métiers de la communication en France, comment faites-vous pour continuer d’accompagner les directions de la communication en particulier ?

En temps normal, nous organisons de nombreux rendez-vous avec nos 1700 adhérents. Mais comme le confinement nous a obligé à tout arrêter, nous organisons des webcasts. Pour le choix des sujets, nous suivons les demandes de nos adhérents : accompagnement juridique, bilan de la situation, interview de directeurs.trices. de la communication mais aussi des sujets plus larges comme le design fiction.